vendredi 23 décembre 2011

Vol pour Beyrouth




Elle était vêtue de noir. Assise dans la salle d'attente de l’aéroport, probablement en transit,  j’avais choisi d'aller m’asseoir près d'elle avec mon croissant au chocolat. Je pouvais, et ceci tout naturellement, partager mon croissant avec elle, elle aurait trouvé ce partage tout à fait normal.

Une femme arabe ou africaine aurait trouvé tout à fait normal qu’une parfaite inconnue, assise à ses côtés, rompe son croissant et propose de le partager.
Je ne fis rien. Trop gênée.

Elle semblait absorbée par ses prières. Son visage était celui d’une madone, tout en elle dégageait la sainteté.  Je ne sentais pas qu’elle répondait aux critères de la femme voilée. Je veux dire de ce que nous prétendons connaître des femmes qui se voilent.

Elle n’était pas si jeune ou bien était-elle de mon âge ? ne suis plus moi-même si jeune. Une entente tacite entre elle et moi. Elle, voilée; moi, cheveux frisés ébouriffés autour de la tête comme une crinière. Je n’osais pas lui offrir mon croissant. Pourtant elle aurait compris ce geste, même si elle aurait probablement décliné mon offre.

Je me sentais plus proche d’elle que de toutes les autres personnes dans l’aéroport Charles De Gaulle, attendant, elle et moi, notre connexion. Pour où déjà ? Je n’étais pas à la bonne porte. Allait-elle aussi à Beyrouth ? Allait-elle prendre le même vol que moi ? Je ne le pensais pas. Mais je ne suis pas à la bonne porte ! Ces personnes partent pour Lima. Je me renseigne, une passagère me dit : Mais le vol pour Beyrouth est déjà parti. Ai-je raté mon vol, demandais-je à l’agent ? Mais non madame, votre vol est dans une heure. Nous avons changé de porte. Il m’indique la nouvelle porte.




Je m’installe ailleurs. Je laisse, contre mon gré, la dame en noire. Et je cherche ma nouvelle porte. Plus tard, dans l’avion qui m’emmène vers Beyrouth, à la même rangée et à quelques sièges de moi, j’aperçois la dame en noir,  compagne silencieuse qui fera le même voyage. 


Nous faisions un si beau voyage sans aucune turbulence et le bonheur dans mon cœur de retrouver bientôt les miens.







dimanche 27 novembre 2011

CE QUE VOUS NE LIREZ PAS



Ce qu'en dit Mélanie Collado dans Canadian Literature :



Dans Ce que vous ne lirez pas de Nadine Ltaif, le voyage dans l’espace est indissociable du voyage dans le temps. Les lieux ne sont évoqués que dans leur rapport avec l’histoire ou l’attente. Que ce soit en Espagne, en Inde ou au Liban, les pierres des villes visitées sont imprégnées du passé. Elles gardent les traces des luttes et des fusions entre civilisations et elles témoignent du lourd héritage des haines raciales. Dans les poèmes de ce recueil, le souvenir des guerres l’emporte systématiquement sur la beauté des paysages et des structures. Quant à l’écriture, elle est perçue comme un voyage immobile. Autre trace visible, bien qu’elle soit plus fragile, l’écriture est associée à l’attente, au présent et à Montréal. La poésie permet d’exprimer la perte et la souffrance d’un être écartelé entre l’Orient et l’Occident, entre le passé et le présent. Écrire, c’est un moyen de lutter contre le déséquilibre et de peindre le réel aussi bien que l’imaginaire. Écrire, c’est également pour l’auteure, l’occasion de s’adresser une dernière fois à une poétesse disparue. Monique Bosco ne lira pas le livre de Ltaif, mais cette dernière peut quand même lui rendre hommage en revendiquant son influence. Continuer à écrire c’est continuer à avancer sur le chemin vers lequel Bosco l’a guidée et c’est perpétuer son souvenir, aussi douloureux soit-il.




Nadine Ltaif , Ce que vous ne lirez pas, Éditions du Noroît, 2010. 

Amazon.ca


Autres critiques :

Hugues Corriveau (11 sept, 2010) : http://www.ledevoir.com/culture/livres/295948/poesie-le-monde-qui-se-perpetue

Hejer Charf : http://www.tolerance.ca/Article.aspx?ID=82743&L=fr


dimanche 13 novembre 2011

RENCONTRE AVEC LA CINÉASTE HEJER CHARF



photos des rencontres 
http://www.hejercharf.com/Nadja_productions/Photos_rencontre.html


Programme des projections

Première partie : "Mémoire et effacement de l’histoire"

- Je suis le Futur de votre Mémoire (4 min)


- Un Seul Dieu (3 min)


- Sur la trace de ma malédiction (11 septembre) (13 min) Film d’ouverture du Festival des femmes de Florence 2008

Discussion entre Maïr et Hejer et questions du public

Deuxième partie : "Le vécu des femmes"

- Femmes lapidées (4 min)
(sélectionné dans Women Voice Now 2010) 


- Where Have All The Flowers Gone (22 min)
Festival International du film de New York (édition Los Angeles 2010) en primeur à Montréal

Discussion entre Maïr et Hejer et questions du public


ENTRÉE LIBRE

Le Cénacle-culturel Liban-Québec présente, Films et conscience sociale: que peut le cinéma?, une projection de courts-métrages de la cinéaste tunisienne-québécoise Hejer Charf suivie d’une rencontre avec la réalisatrice qui nous parlera du rôle du cinéma dans notre société. Auteur de plusieurs courts-métrages primés et d'un long métrage documentaire, Les PasseursHejer Charf sonde le réel dans son rapport à la culture et au politique. Ses films poignants frappent par leurs propos et déconstruisent les rapports douloureux qu'entretiennent la tradition et la modernité.
Les rencontres seront animées par Maïr Verthuy, Professeure émérite à l’Université Concordia.


le 20 novembre 2011 à 15h00 
Maison de la culture Ahuntsic-Cartierville,        10300, rue Lajeunesse, 

le 27 novembre 2011 à 14h00 
Maison de la culture du Plateau--Mont-Royal,      465, avenue du Mont-Royal Est, 

mardi 1 novembre 2011

Hanan el-Cheikh : écrire l’histoire de sa mère



Toute une histoire, traduit de l’arabe par Stéphanie Dujols, Actes Sud, 2010

Il y a des sujets sacrés, tabous, qu’un écrivain n’ose toucher que du bout des doigts par peur de leur porter malheur, s’il écrit leur vie. La mère, le père, le frère, la sœur, ou tout membre de sa famille. C’est une superstition. Une croyance stupide mais qui hante l’écrivain. 


Il a fallu du courage et des années pour que Hanan el- Cheikh dévoile une histoire, qui est en quelque sorte son histoire intime. Toute une histoire, c’est la voix de la mère de Hanan qui dicte à sa fille son autobiographie. La valeur historique du récit : le Liban des années trente, quarante, cinquante… soixante ans. L’autobiographique est la chose que l’écrivain a le plus de difficulté à livrer, souvent l’écrivain le censure, ou au mieux, le transpose. Le récit de sa mère devient le roman de Hanan. La version française restitue les savoureux proverbes et dictons populaires de la langue orale arabe : « Comment vais-je nourrir ces deux petits ? En coupant un bout de ma main ?! Comment vais-je les habiller ? En m’arrachant la peau ? » Les titres des chapitres sont autant d’expressions du langage parlé. 


Comme un tiroir qu’on avait laissé fermé dans un coin de sa tête, Kamleh, la mère, le rouvre pour y livrer sa voix qui va s’emparer de l’écriture. On y rit, on y pleure. On ressent la frustration de la mère qui veut apprendre à écrire mais restera analphabète. Hanan fait un précieux cadeau à cette dernière et à nous, qui découvrons l’histoire du Liban. 


L’écrivaine nous avait habitués dans ses romans à dénoncer la condition de la femme arabe. Toute une histoire fait écho à Histoire de Zahra, écrit vingt années plus tôt, il apparaît comme le puzzle manquant à la grande histoire de Hanan el-Cheikh. Kamleh y fait son mea culpa : pour mettre fin à un mariage forcé, elle doit quitter ses enfants pour vivre sa vie de femme libre de choisir l’homme qu’elle aime. Lorsqu’elle se confie à sa fille, la mère dira : « C’est là enfin que les rides du passé ont commencé à s’estomper. » Hanan el-Cheikh s’est souvent appuyée sur des faits de son passé pour établir le cadre de ses romans : Poste restante, Beyrouth s’inspirait de la maison de son enfance au Sud du Liban. 


Soixante-six ans se sont écoulés, Hanan va aller jusqu’à accompagner sa mère dans la maison où sa mère est née. « Une pierre t’emporte, une autre te ramène ». Un récit plein d’humour et de liberté : « Qu’est-ce qu’il fait bon ici… si j’étais restée dans cette maison, je n’aurais jamais pris de Prozac ! ».
Un long voyage nous transporte du Sud du Liban, à Beyrouth, à Ras el-Naquoura, en Syrie, au Koweit et à San Diego. Mère et fille vont se réconcilier dans le rapprochement qui a permis qu’elles se parlent l’une l’autre. Ce livre est le plaidoyer de la mère pour que Hanan lui pardonne son abandon. Hanan écoute et transcrit. On y lit des passages émouvants où la relation mère fille est décrite. Ce récit ne vous fait pas penser au Sido de Colette ? Écrit avec autant de générosité.


Écrire la vie de sa mère apparaît en fin de compte un immense merci et une reconnaissance mutuelle : « L’audace de tes gènes est dans mon sang, tu es la source de ma force et de mon insoumission », écrit Hanan el-Cheikh en terminant cette longue confession.

samedi 8 octobre 2011

Inspiration


Compagnon du matin : la seconde main


Pique-nique avec les canards

mardi 20 septembre 2011

Mois de la photo




100 Jahre de Hans-Peter Feldmann



DAZIBAO EN RÉSIDENCE À LA CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE
335 de Maisonneuve E.
DU 8 SEPTEMBRE 2011 AU 8 OCTOBRE 2011


Cent ans d'interrogations


Le regard de cent êtres humains différents braqués droit devant qui regardent l'objectif.
Qui nous regardent droit dans les yeux. Qui disent :"Tu me regardes et je te vois vivre, tous les ans, à toutes les étapes de ta vie."
Regards mitraillettes. Du fond de moi vers le fond de toi. Face à face avec la vie qui passe. Avec le temps qui s'écoule, avec la mort qu'ils questionnent. Interrogateurs. Prenez garde au regard de celui qui vous regarde. Quémandeur.
D'une réponse.
Celui-ci porte-t-il son âge ?
Et celle-là ? photographiée à l'âge indiqué sous la photo : 50 ans. Porte-t-elle le nombre d'années réellement ? Où commence la ride ? Où commence l'affaissement du dos ? On sort de la salle avec une étrange sensation. Sans savoir la formuler.  Mais avec la sensation d'avoir frôlé le mystère.

samedi 10 septembre 2011

11 sept.

 Cher(e)s amies et amis, le 11 sept  commémoré en 2008 par Hejer Charf :
Film Sur la trace de ma malédiction


jeudi 8 septembre 2011

Souad Labbize : J’aurais voulu être un escargot

J’aurais voulu être un escargot
(ou l’Histoire de Tonjaz Miracle) de Souad Labbize
éditions atlantica-Séguier, 2011.


Souad Labbize réussit dans son roman à dénoncer le sort d’une fillette qui grandit dans une société arabo-musulmane. Récit sensible et féministe écrit dans le souffle des conteurs arabes. Le Vieux conteur d’abord, puis nenna, la grand-mère répètent la légende de l’arche de Noé, ou récit des origines d’un peuple, transmise de génération en génération sur le mode oral. L’oralité en effet joue un premier rôle car elle marque le style de l’auteure. On assiste à l’islamisation d’une société sous les yeux interrogatifs de la jeune fille qui voit l’étau se refermer progressivement sur elle. Sa liberté est de plus en plus réduite. S’adressant à Mira, la tante partie, elle écrit : « si tu savais à quel point Toujaz Miracle (le nom de la ville mythique) a changé, qui reconnaîtrait ce pays envahi par une foi belliqueuse » ? alors que « la religion au même titre que nos coutumes, structurait nos vies sans pour autant les stresser ou à ce point les terrifier ». Aux conteurs des Mille et Une Nuits  se substituent les prêches enflammées des Imams qui désignent les catastrophes naturelles (le séisme) comme « signe de la colère de Dieu contre les rites paëns des habitants de Tounjaz Miracle ». Sans être un récit de lamentations, la narration est remplie de rires. Souad Labbize dessine une société pleine d’humour. Rires et drames se côtoient dans une écriture subtilement dosée. 

samedi 13 août 2011

Visite de l’exposition : Berlinde de Bruyckere

Visite de l’exposition : Berlinde de Bruyckere
DHC/ART
du 30 juin au 13 novembre 2011
451 & 465, rue Saint-Jean
Montréal

« Corps humains, corps animals, même transcendance »

Des corps comme des potences, de la chair animale ou humaine fait écho aux carcasses de bœufs suspendus, des étalages de boucher, des peintures de Goya. Les géantes sculptures en cire et résine de Berlinde de Bruyckere, artiste belge, nous dévorent dès l’entrée de la salle, Nous sommes reçus par un duo de cadavres de chevaux, placés comme deux ballerines sur les étagères d’une morgue. Laideur, beauté, pourquoi éprouvons-nous de l’épouvante au regard de la scène ? Car il s’agit d’une mise en scène. D’un « spectacle » comme l’écrivent si bien en introduction les commissaires de l’exposition : Phoebe Greenberg et John Zeppetelli. L’épouvante secoue en nous le sentiment de beauté. Mais à la première visite, la vision des corps suspendus est de l’ordre de l’intolérable. C’est l’horreur qui nous prend à la gorge. Les corps ne sont pas sans évoquer les tortures des régimes totalitaires, je viens de lire le témoignage de l’écrivaine Samar Yazbek dans le Devoir du samedi 13 août, sur la « visite » forcée des géôles syriennes. Des corps défigurés « il n’y avait plus de visage… le nez n’existait plus, ni les lèvres » Même impression. La souffrance est palpable, et la beauté n’a plus sa raison d’être. 

dimanche 7 août 2011

Dernière parution




                                       The Metamorphoses of Ishtar by Nadine Ltaif

t                                          Translated by John Asfour, Guernica, 2011

« Il y a dans la poésie de Nadine Ltaif à la fois une inquiétante douceur et une lumineuse clarté.  Pour mieux pénétrer dans l’intimité de son univers poétique, il est important de souligner l’aspect hautement autobiographique qui l’imprègne et les métamorphoses intérieures vécues ou subies par le moi grâce à l’apport bénéfique de certains mythes fondateurs. »  …
« Pour bien apprécier le processus de l’imagination créatrice chez Ltaif, il suffit d’approfondir cette expression si éloquente de la quête métaphysique née de sa « soif de mémoires anciennes » pour apprendre qu’elle se prépare déjà à s’embarquer sur « la rivière du rêve » afin d’atteindre « le berceau des mythes ». En d’autres termes, elle va se livrer à l’exploration de ces mythes pour trouver la “consolation” et le remède à la déchirure du déracinement. Cette quête s’accomplit selon une évolution intuitive qui se concrétise dans deux étapes successives: la manifestation du sentiment de l’exil et l’évocation des figures mythiques orientales. »
Antoine Sassine, Mount Royal College, Calgary, Canada

Mes traductions



Nisan de John Asfour, traduit par Nadine Ltaif

pour se procurer le livre :
lenoroît@lenoroît.com

Oeuvre en couverture : Shérif Ltaif








Beirut

The city where the route to the bay 
ts still narrow For cars and pedestrians. 
A river without a bridge, 
High rise buildings in Alhambra 
And huts in Borj Hamood. 
You're bombed from the skies and from the ground. 
Famous for churches, mosques and brothels. 
One evening at Phoenicia Hotel, 
American, French and other universities. 
No other city in the world has the number of 
newspapers Beirut has. A city of Mercedes, asylum, 
Nuns, beaches, and broken pavements. 
Beirut, what is this black, hateful crow 
Crawing over your houses? 
What is this broken sewage in the main square? 
Once I loved you, as a beloved. 
Now I hate your guts. 
I sweat all through your summer, 
I shiver in the fall. 
Once I fried and ate your fish on the shore. 
Now your water is polluted. 
The most dramatic moment of your life 
Was when the earthquake destroyed 
The Roman University centuries ago. 
All the canaries in your forest have been shot. 
You can never protest to get your rights. 
You can never become liberated again. 
I te)J you the evenings and mornings 
Have lost the touch of serenity. 
Ever since you started the movie industry 
You stopped caring for the gardens. 
Your children are crying, 
And so are your elders. 
The city is torn down, 
Captive, weak, feeble, unable to do anything. 




Beyrouth


La ville d’où part la route vers la baie
Est toujours étroite pour les voitures et les piétons
Une rivière sans pont,
Des gratte-ciels à AlHamra.
Et des huttes dans Borj Hamoud.
Tu es bombardée par le ciel et par la terre.
Renommée pour tes églises, tes mosquées et tes bordels.
Un soir à l’hôtel Phénicia,
Américaine, française et d’autres universités.
Aucune ville au monde n’a autant de journaux
que Beyrouth.
Une ville de Mercedes, d’asiles. 
De religieuses, de plages, de pavés défoncés.
Beyrouth, quel corbeau, haïssable, noir,
Croasse au-dessus de tes maisons ?
Que sont ces gravats défoncés dans le square central ?
Un jour, je t’aimais comme un amant  bien aimé
Aujourd’hui je hais tes tripes.
Je sue durant tout l’été.
Je  frissonne à l’automne.
Auparavant, j’ai frit et mangé ton poisson sur la plage
Aujourd’hui ton eau est polluée.
Le moment le plus dramatique de ta vie
Était quand un tremblement de terre 
A détruit l’Université Romaine il y a des siècles
Tous les canaries dans ta forêt étaient chassés.
Tu ne peux jamais réclamer tes droits.
Tu ne peux devenir libre à nouveau.
Je te le dis, les soirs et les matins
ont perdu la touche de sérénité
Depuis que tu as commencé l’industrie
cinématographique
Tu as cessé de t’occuper des jardins.
Tes enfants pleurent.
Ainsi que tes aînés.
La ville est déchirée,
Captive, faible, amoindrie, incapable de rien faire. 

(traduit par Nadine Ltaif)







Le titre Nisan vient de l’arabe pour désigner le mois d’avril (la période entre le 21 mars et le 20 avril). Le recueil réunit les premiers poèmes de John Asfour, poète canadien d’origine libanaise, qui a perdu la vue à l’âge de treize ans, lors de la première guerre civile du Liban en 1958. Poèmes inspirés de l’idéal de l’amour et de l’indignation face à la guerre, ils puisent aux sources antiques grecques et phéniciennes. Il ramène à sa mémoire le héros de son enfance, Jack, mort en 1973 dans un accident de voiture et ses épreuves amoureuses.


Avant son arrivée au Canada à l’âge de 23 ans, John Asfour avait commencé à publier des poèmes et des articles dans les journaux et les périodiques de Beyrouth. Il a étudié la littérature anglaise à Montréal et a reçu un doctorat de l’Université McGill. Il a enseigné la littérature anglaise durant douze ans au collégial et aux universités McGill et Concordia. Il a publié quatre livres de poèmes en anglais : Nisan : A Book of Poetry (1976), Land of Flowers and Guns (1981) One Fish From the Rooftop (19992) et Fields of My Blood (1997).
Sa thèse de doctorat a été publiée chez Cormorant Books en 1989 sous le titre When the Words Burn. An Anthology of Modern Arabic Poetry.
Nisan est son premier livre aux Éditions du Noroît.